C’était en 1994… A l’époque enseignant de mathématiques dans un lycée de la banlieue parisienne, je cherchais d’autres voies pédagogiques pour enseigner aux jeunes dont j’avais la charge.

Juste pendant les vacances de Pâques 1994 – coup de chance – se tenait à San Diego, en Californie, le congrès annuel de l’International Alliance for Learning (IAL) qui présentait une approche pédagogique intéressante dont j’avais entendu parler. Le temps de trouver un billet d’avion et une chambre d’hôtel sur place, j’y étais. Et plusieurs choses essentielles sont ressorties pour moi de ce congrès :

  • j’y ai découvert l’approche pédagogique communément appelée « Accelerative Learning », qui est devenue le fondement de l’approche du mieux-apprendre,
  • j’y ai rencontré Annette Cam, une Australienne chargée de l’Accelerative Learning Initiative pilotée par le gouvernement australien ; quelques années plus tard, elle m’accueillera dans sa famille pendant plusieurs semaines lors de ma formation à cette approche pédagogique ,
  • et j’ai découvert Thiagi.

Le programme de ce congrès, comme c’est l’habitude, nécessitait de faire des choix entre de nombreux intervenants. Ne connaissant rien aux jeux d’apprentissage, je me suis inscrit à l’atelier de Thiagi. Nous étions environ 200 personnes, entassées dans une salle en rangées serrées. Je m’étais mis au premier rang, avec un enregistreur et beaucoup de bonne volonté, à côté de Lonny Gold (qui est devenu l’un des grands spécialistes de la suggestopédie et de l’enseignement des langues étrangères par des techniques interactives).

Et pendant cette matinée, Thiagi a réussi non seulement à créer une atmosphère extrêmement drôle (sauf pour moi, qui ne comprenait rien à ses plaisanteries dans son anglais à fortes consonances indiennes), mais aussi à nous faire expérimenter un bon nombre de jeux-cadres : pour celles et ceux qui connaissent ce jeu-cadre, imaginez Cherchons ensemble à 200 personnes dans une salle !

Et à la fin de la matinée, il nous a donné à chacun un gros polycopié jaune de 400 pages – il n’avait encore rien publié à l’époque – que j’ai rapporté dans ma valise.

J’ai alors commencé à me plonger dans ce polycopié, traduisant, expérimentant les jeux décrits. Cela deviendra, quelques années plus tard, le premier livre en commun avec Thiagi : Modèles de jeux de formation, aux Editions d’Organisation / Eyrolles.

Et comme le livre se vendait bien (mieux que ses propres livres aux Etats-Unis, à son grand dépit), l’équipe du Mieux-Apprendre a proposé à Thiagi d’établir régulièrement ses quartiers d’automne à Paris pour animer des séminaires, ce qu’il fait maintenant depuis 2009 avec beaucoup de bonheur partagé.

Un deuxième livre, Jeux à thème de Thiagi – 42 activités interactives pour la formation, toujours chez Eyrolles, a suivi, et permet au public francophone de découvrir de nombreuses autres facettes du talent créatif de Thiagi.

Et si vous souhaitez connaître une autre version de l’histoire (celle de Thiagi), suivez ce lien.